Guerre en Ukraine : les Européens proposent de diriger une « force multinationale »

guerre en ukraine : les européens proposent de diriger une "force multinationale"

Les rouages diplomatiques s’activent de nouveau. Volodymyr Zelensky a rencontré ce lundi 15 décembre les négociateurs américains à Berlin, au deuxième jour de négociations visant à mettre fin à la guerre avec la Russie. Dimanche déjà, le président ukrainien et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont négocié pendant plus de cinq heures à Berlin pour trouver une issue à ce conflit déclenché en 2022 par l’invasion russe de l’Ukraine. Dans une déclaration commune, les dirigeants des principaux pays européens et de l’UE ont proposé ce lundi soir de diriger en Ukraine une « force multinationale » et de soutenir de manière « durable » l’armée ukrainienne, limitée à 800 000 soldats.

Les infos à retenir

⇒ Les Européens proposent de diriger une « force multinationale » en Ukraine

⇒ Volodymyr Zelensky parle de « progrès » sur les garanties de sécurité américaines pour Kiev

⇒ Le projet d’accord prévoit « des garanties de sécurité très fortes », assure un haut responsable américain

Les Européens proposent de diriger une « force multinationale » en Ukraine

Les dirigeants des principaux pays européens et de l’UE ont proposé ce lundi de diriger en Ukraine une « force multinationale » et de soutenir de manière « durable » l’armée ukrainienne, limitée à 800 000 soldats, selon une déclaration transmise par le gouvernement allemand. Cette « force multinationale pour l’Ukraine » serait « composée de contributions de nations volontaires, et soutenue par les États-Unis ».

Selon ce document signé par les dirigeants allemand, français, britannique, danois, néerlandais, finlandais, norvégien, italien, polonais, suédois et de l’UE, ces responsables se sont entendus avec les Etats-Unis pour « travailler ensemble pour fournir à l’Ukraine des garanties de sécurité solides et des mesures de soutien à la reprise économique dans le cadre d’un accord visant à mettre fin à la guerre ». Cela inclurait de « soutenir l’Ukraine dans la constitution de ses forces armées, qui devraient rester à un niveau de 800 000 soldats en temps de paix ». Ils évoquent aussi « un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu dirigé par les États-Unis ».

Le document souligne qu’il appartient « désormais à la Russie de montrer sa volonté d’œuvrer en faveur d’une paix durable en acceptant le plan de paix du président (Donald) Trump ». Selon le même texte, Moscou doit « démontrer son engagement à mettre fin aux combats en acceptant un cessez-le-feu ».

Volodymyr Zelensky évoque des « progrès » sur les garanties de sécurité américaines pour l’Ukraine

Le président ukrainien a fait état ce lundi de « progrès » dans les négociations sur les garanties de sécurité américaines pour son pays, après deux jours de pourparlers à Berlin avec des émissaires de Washington. « Nous avons fait des progrès dans ce domaine », a-t-il dit lors d’une conférence de presse avec le chancelier allemand Friedrich Merz. « J’ai vu les détails » et « ils ont l’air plutôt très bons, même si ce n’est qu’une première ébauche », a poursuivi Volodymyr Zelensky.

Un peu plus tôt, il avait évoqué des discussions « pas faciles » mais « productives » avec les émissaires américains. « Ces conversations ne sont jamais faciles, pour être honnête avec vous. Mais la conversation était productive, avec beaucoup de détails, vraiment beaucoup », a-t-il déclaré lors d’un forum économique germano-ukrainien. « Il existe des questions complexes, en particulier celles concernant les territoires (…). Pour le dire franchement, nous avons encore des positions différentes », a-t-il aussi déclaré.

Volodymyr Zelensky et les négociateurs américains ont négocié ce lundi en Allemagne, pour un deuxième jour consécutif, Kiev espérant convaincre Washington qu’un cessez-le-feu doit intervenir en Ukraine sans concessions territoriales préalables à la Russie. Ce 2e round a commencé en toute fin de matinée, et s’est achevé autour de 13h00.

Avant que Volodymyr Zelensky ne s’exprime, le principal négociateur ukrainien aux pourparlers, Roustem Oumerov, s’était félicité de « réels progrès accomplis » à l’issue de cette rencontre à huis clos. « Les négociations entre l’Ukraine et les Etats-Unis ont été constructives et productives, avec de réels progrès accomplis. Nous espérons parvenir d’ici la fin de la journée à un accord qui nous rapprochera de la paix », a-t-il indiqué sur X.

Le projet d’accord sur l’Ukraine prévoit « des garanties de sécurité très fortes », assure un haut responsable américain

Des négociateurs américains ont assuré lundi que les Etats-Unis avaient offert à Kiev des garanties de sécurité « très fortes » mais néanmoins acceptables, selon eux, pour la Russie.

Pendant leurs deux journées de discussion à Berlin avec les négociateurs ukrainiens, dont le président Volodymyr Zelensky, les Etats-Unis ont offert des « garanties de sécurité très fortes » pour l’Ukraine, semblables à celles de l’article 5 du traité de l’Otan, a dit un haut responsable américain. « Tout ce dont les Ukrainiens ont besoin selon nous pour se sentir en sécurité est inclus » dans le volet sécurité du projet d’accord, a-t-il insisté pendant un entretien avec la presse.

Un autre négociateur américain qui participait lui aussi à l’échange téléphonique a toutefois averti que ces garanties de sécurité pour l’Ukraine, dont il n’a pas donné de détails concrets, « ne seraient pas sur la table indéfiniment. »

Le président américain Donald Trump doit, selon ces deux sources, appeler lundi son homologue ukrainien et des dirigeants européens pendant le dîner auxquels ils doivent participer dans la capitale allemande.

La Turquie abat un drone « hors de contrôle » en provenance de la mer Noire

La Turquie a abattu lundi un drone « hors de contrôle » s’approchant de son espace aérien par la mer Noire, a annoncé le ministère turc de la Défense. « Afin de prévenir toute conséquence néfaste, le drone a été abattu dans une zone sécurisée, à l’écart de toute zone habitée », a indiqué le ministère dans un communiqué, sans préciser la provenance exacte de l’engin. Selon Ankara, « une traînée aérienne (…) a été détectée et suivie dans le cadre de procédures de routine » au-dessus de la mer Noire, et « il a été déterminé que la traînée aérienne en question correspondait à un drone hors de contrôle ». « Afin d’assurer la sécurité de l’espace aérien, nos F-16, placés sous le commandement de l’Otan et sous commandement national, ont été déployés en mission d’interception », a ajouté le ministère turc de la Défense.

Cet incident survient après que le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde samedi contre une transformation de la mer Noire en « zone de confrontation » entre la Russie et l’Ukraine, après plusieurs frappes ces dernières semaines contre des navires.

La crédibilité de l’UE « gravement compromise » sans accord sur les avoirs russes, dit Friedrich Merz

Le chancelier allemand Friedrich Merz a jugé lundi que l’UE sera durablement discréditée si les Etats membres n’arrivent pas s’entendre sur l’utilisation des avoirs russes gelés pour aider l’Ukraine. « Si nous n’arrivons pas le faire, la capacité d’action de l’Union européenne sera gravement compromise pour des années, et même plus longtemps, et nous montrerions au monde que nous sommes incapables de nous unir et d’agir à un moment aussi crucial de notre histoire », a-t-il dit dans un discours, à l’occasion de la visite à Berlin du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Ce dernier a de son côté appelé à ce que les avoirs gelés russes « servent pleinement » à la défense de l’Ukraine face à la Russie, au moment où les Européens sont sous pression pour décider d’utiliser ou non les dizaines de milliards d’euros d’avoirs russes immobilisés en Europe. « Ces fonds doivent réellement et pleinement servir à la défense contre l’agression de la Russie. C’est juste, c’est raisonnable, et cela doit être réalisable », a plaidé le président ukrainien.

Nouvelles sanctions de l’UE contre la Russie

L’Union européenne a annoncé lundi avoir décidé de nouvelles sanctions contre des entités et des individus accusés de soutenir Moscou dans son effort de guerre contre Kiev, et a ajouté 40 navires à sa liste sanctionnant la « flotte fantôme » russe. Cinq personnes et quatre entités ont été sanctionnées pour avoir favorisé l’exportation de pétrole depuis la Russie, y compris en aidant sa « flotte fantôme » de navires aidant Moscou à contourner les sanctions occidentales, a précisé un communiqué du Conseil de l’UE, qui représente les 27 Etats membres.

Les individus sanctionnés sont des hommes d’affaires liés, directement ou indirectement, aux grandes compagnies pétrolières d’État russes Rosneft et Lukoil, sanctionnées par les Etats-Unis. Les entités visées sont des sociétés de transport maritime basées aux Émirats arabes unis, au Vietnam et en Russie, propriétaires ou gestionnaires de pétroliers sanctionnés par l’UE ou par d’autres pays, selon ce texte.

L’Ukraine assure avoir frappé un sous-marin russe dans un port de la mer Noire

L’Ukraine a affirmé lundi avoir frappé pour la première fois à l’aide d’un drone naval un sous-marin russe amarré dans le port de Novorossiïsk en mer Noire, assurant lui avoir infligé des « dommages critiques ». « Pour la première fois de l’histoire, des drones sous-marins Sub Sea Baby ont fait exploser un sous-marin russe » de classe Kilo, ont annoncé les services de sécurité ukrainiens (SBU) sur Telegram. « A la suite de l’explosion, le sous-marin a subi des dommages critiques et a été mis hors service », ont-ils ajouté.

Ce type de sous-marin d’attaque conventionnel est fabriqué depuis les années 1980. Selon les analystes militaires, la Russie en possède plus d’une trentaine. La Russie n’a pas communiqué dans l’immédiat sur ces affirmations ukrainiennes.

Les négociateurs américains demandent toujours à l’Ukraine d’abandonner sa région du Donbass

Les négociateurs américains demandent toujours à l’Ukraine d’abandonner la partie de la région du Donbass (est) encore contrôlée par Kiev, lors du dernier cycle de pourparlers à Berlin, a indiqué à l’AFP un haut responsable au fait des discussions. Vladimir « Poutine veut des territoires. Les Américains disent que » l’Ukraine « doit se retirer », ce que Kiev refuse, a indiqué à l’AFP cette source proche du dossier. « C’est assez frappant que les Américains adoptent la position des Russes sur cette question », a-t-elle ajouté.

Selon un sondage publié lundi, 75 % des Ukrainiens sont opposés à l’abandon de ce territoire.

La non-adhésion de l’Ukraine à l’Otan est une « pierre angulaire » des pourparlers, dit le Kremlin

La non-adhésion de Kiev à l’Otan est une « pierre angulaire » des pourparlers, sous médiation américaine, visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, a affirmé lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Cette question doit faire l’objet de « discussions spécifiques », a assuré Dmitri Peskov lors de son point de presse quotidien auquel participe l’AFP, tout en précisant que la Russie attendait d’être informée par Washington des résultats des pourparlers à Berlin entre Américains, Européens et Ukrainiens sur un plan de règlement du conflit en Ukraine.

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