Israël a lancé une opération terrestre « de grande ampleur » dans la ville de Gaza

israël a lancé une opération terrestre "de grande ampleur" dans la ville de gaza

Le ministre israélien de la Défense Israël Katz s’est félicité de puissantes et longues frappes qui se sont abattues sur Gaza durant la nuit du lundi 15 au mardi 16 septembre, faisant un nombre de victimes pour l’heure inconnu. « Gaza brûle » a-t-il constaté mardi matin, avant d’assurer que « Tsahal frappe d’une main de fer les infrastructures terroristes ». La veille, Israël avait de nouveau reçu le « soutien indéfectible » directement de la bouche du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, en visite à Jérusalem. Avant de monter dans l’avion pour Doha, celui-ci a prévenu le Hamas qu’il ne lui restait plus qu’une « fenêtre très courte », de « quelques jours, peut être quelques semaines » pour trouver un accord avec l’Etat hébreu.

Les infos à retenir

⇒ Israël lance son offensive terrestre majeure à Gaza-ville

⇒ Une commission de l’ONU accuse Israël de « génocide »

⇒ Le Hamas n’a qu’une « fenêtre très courte » pour accepter un accord, selon Marco Rubio

Israël lance son offensive terrestre majeure à Gaza-ville

L’armée israélienne a lancé dans la nuit de lundi à mardi une offensive terrestre sur la ville de Gaza, les troupes progressant ce mardi vers le centre de la plus grande ville du territoire palestinien, a déclaré un responsable militaire à des journalistes. « Nous avançons vers le centre » de la ville de Gaza, a-t-il dit. Interrogé par les journalistes sur la position des soldats israéliens dans la ville palestinienne et la possibilité d’une progression des troupes vers le coeur du centre-ville, il a répondu : « oui. » « La nuit dernière, nous sommes passés à l’étape suivante, la phase principale du plan pour la ville de Gaza (…) Les forces du commandement sud de l’armée israélienne ont étendu les activités terrestres dans le principal bastion du Hamas à Gaza, qui est la ville de Gaza », a-t-il ajouté, en estimant à « 2 000 à 3 000 » le nombre de combattants du Hamas opérant dans l’agglomération dont l’armée veut prendre le contrôle.

Benyamin Netanyahou a parlé de son côté d' »une opération de grande ampleur » dans la ville de Gaza, rapportent plusieurs médias américains dont le New York Times. Le Premier ministre israélien, qui s’exprimait devant un tribunal de Tel-Aviv pour témoigner dans le cadre de son procès pour corruption, a ajouté qu’Israël se trouvait à un tournant « décisif ».

Dans la nuit de lundi à mardi, la ville de Gaza a été touchée par des bombardements forts et soutenus, au lendemain d’une visite à Jérusalem du secrétaire d’Etat américain qui a réitéré l’appui des Etats-Unis à Israël. « Gaza brûle » s’est félicité le ministre israélien de la Défense Israël Katz, avant d’affirmer la détermination d’Israël à poursuivre son offensive. « Tsahal frappe d’une main de fer les infrastructures terroristes, et les soldats de Tsahal se battent vaillamment pour créer les conditions nécessaires à la libération des otages et à la défaite du Hamas », a-t-il déclaré sur X.

Une commission de l’ONU accuse Israël de « génocide »

Une commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU a accusé mardi Israël de commettre un « génocide » à Gaza depuis octobre 2023 avec l’intention de « détruire » les Palestiniens, mettant en cause le Premier ministre et d’autres responsables israéliens. La commission, qui ne s’exprime pas au nom de l’ONU et est vivement critiquée par Israël, est arrivée « à la conclusion qu’un génocide se produi (sai) t à Gaza et continu (ait) de se produire » dans ce territoire palestinien, a déclaré à l’AFP sa présidente, Navi Pillay. « La responsabilité incombe à l’Etat d’Israël », a-t-elle ajouté en présentant un nouveau rapport.

Près de deux ans après le début de la guerre, la commission d’enquête a conclu que les autorités et les forces de sécurité israéliennes avaient commis « quatre des cinq actes génocidaires » définis par la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime du génocide. A savoir : « meurtre de membres du groupe ; atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; et mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ».

Cette commission a conclu que le président israélien, Isaac Herzog, le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, et l’ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, avaient « incité à commettre un génocide et que les autorités israéliennes (n’avaient) pas pris de mesures » pour les en empêcher.

Israël a aussitôt « rejeté catégoriquement » un rapport « biaisé et mensonger », et appelé « à la dissolution immédiate de cette commission d’enquête ».

Le Hamas a une fenêtre « très courte » pour accepter un accord, selon Marco Rubio

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a averti mardi que le Hamas ne disposait que de quelques jours pour accepter un accord de cessez-le-feu, au moment où Israël a lancé des frappes particulièrement nourries sur la ville de Gaza. « Les Israéliens ont commencé à mener des opérations là-bas. Nous pensons donc que nous avons une très courte fenêtre de temps pour qu’un accord puisse être conclu » avec le mouvement islamiste palestinien, a-t-il déclaré à des journalistes. « Nous n’avons plus des mois » mais « probablement quelques jours et peut-être quelques semaines, » a-t-il déclaré aux journalistes en quittant Israël pour le Qatar.

Marco Rubio a promis lundi au gouvernement de Benyamin Netanyahou le « soutien indéfectible » des Etats-Unis à Israël pour éliminer le mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza.

Le Qatar, seul médiateur possible ?

Le chef de la diplomatie américaine a estimé mardi que le Qatar était le seul pays capable de jouer le rôle de médiateur pour Gaza, malgré une frappe israélienne ciblant des dirigeants du Hamas dans l’émirat. « Evidemment, ils doivent décider s’ils veulent le faire après la semaine dernière ou non, mais nous voulons qu’ils sachent que, s’il existe un pays dans le monde qui pourrait aider à mettre fin à cela par une négociation, c’est le Qatar, » a déclaré Marco Rubio aux journalistes alors qu’il se rendait à Doha depuis Israël.

Quelques heures plus tôt, Donald Trump avait assuré lundi que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ne frapperait plus le Qatar, après l’attaque inédite menée par Israël la semaine dernière à Doha contre des chefs du Hamas. Benyamin Netanyahou a pourtant refusé d’exclure de nouvelles frappes lors d’une rencontre avec le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio à Jérusalem.

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