Electrification : Emmanuel Macron enfile le costume de sélectionneur

electrification : emmanuel macron enfile le costume de sélectionneur

La Coupe du monde approche. Et la fièvre du ballon rond commence à gagner l’Hexagone, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. L’Elysée réunit ainsi, ce mardi 26 mai, son « équipe de France de l’électricité ». On retrouve, parmi la très large liste de joueurs choisis, des groupes publics comme EDF, Enedis et RTE, des fournisseurs d’énergie privés, des équipementiers, des acteurs de la grande distribution ou encore des fédérations de professionnels.

Entre prises de parole et tables rondes, les participants vont annoncer de nouvelles initiatives, offres commerciales ou investissements en faveur de l’électrification du pays. Un rendez-vous imaginé sur le modèle éprouvé de « Choose France », et destiné à compléter le récent plan du gouvernement en la matière.

En convoquant tout ce petit monde sur fond de formule footballistique, Emmanuel Macron enfile la tenue de sélectionneur. Car selon un ex-ministre, le président s’est dit « déçu du portage politique » des premières mesures présentées par Sébastien Lecornu à la mi-avril. Cet événement est à la fois un moyen pour le chef de l’Etat de garder la main sur le dossier de l’électrification, un enjeu majeur de souveraineté pour se défaire des importations fossiles, et une occasion d’effacer la communication brouillonne de ces dernières années sur les grands dossiers de la transition écologique, par exemple MaPrimeRénov’ ou le déploiement des véhicules électriques.

L’exemple EDF

EDF, en bon capitaine, avait déjà montré la voie début avril, avant même que le gouvernement ne dévoile son propre plan. Bernard Fontana, le patron de l’énergéticien, avait alors annoncé investir 240 millions d’euros pour électrifier les transports et aider les ménages modestes à s’équiper en pompes à chaleur.

On attend désormais les propositions du reste de l’équipe. Cette stratégie, toutefois, cache mal les limites d’un Etat qui n’a plus les moyens de réaliser ses ambitions. Et qui, surtout, n’arrive pas à choisir entre les différentes options qui s’offrent à lui. A défaut de pouvoir financer une électrification massive, il peut encore apporter une stabilité réglementaire, donner plus de visibilité de long terme sur les prix de l’électricité. Et contribuer ainsi à faire décoller la demande, qui continue d’évoluer moins vite que la production.

Mais dans un contexte tendu, avec une campagne présidentielle qui s’amorce, où l’énergie sera un sujet central, et en toile de fond une crise internationale toujours irrésolue, tergiverser est plus facile. En d’autres termes, jouer le match nul. Alors qu’il faudrait plutôt mouiller le maillot.

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