Guerre en Ukraine : face à Donald Trump, l’UE prête à faire bloc derrière Volodymyr Zelensky

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C’est un format diplomatique inédit. On connaissait les réunions entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, et celles entre le président américain et ses homologues européens. Ce lundi 18 août à Washington, c’est ensemble que les Européens et le président ukrainien rencontreront Donald Trump. Une manière, pour les premiers, d’afficher un front uni derrière Kiev et d’éviter le fiasco de la première entrevue entre Trump et Zelensky dans le bureau Ovale en février dernier.

Dimanche, lors d’une visioconférence avec leurs alliés de la « coalition des volontaires », les Européens ont mis sur la table des propositions pour garantir la sécurité de l’Ukraine et obtenir un cessez-le-feu. Ils espèrent réussir à convaincre Donald Trump de s’aligner sur la même position qu’eux. Une opération loin d’être gagnée d’avance, alors que le président américain a déjà fait savoir qu’il s’opposait, entre autres, à une entrée de l’Ukraine dans l’Otan.

Garanties de sécurité pour l’Ukraine

Face à ces déclarations de Donald Trump, Volodymyr Zelensky, qui s’est dit favorable à une « fin rapide de la guerre » mais avec « une paix durable », a rappelé sur X qu’il était « important que les États-Unis acceptent de collaborer avec l’Europe pour fournir des garanties de sécurité à l’Ukraine, et donc à toute l’Europe ». Vladimir Poutine, à l’inverse, souhaite un accord qui limiterait Kiev dans ses capacités militaires. Le président russe serait en revanche, selon Washington, ouvert à ce que les alliés de l’Ukraine puissent la défendre en cas d’agression russe future et aurait d’ailleurs fait savoir à Donald Trump qu’il cherchait toujours à contrôler l’ensemble de la région du Donbass.

Dans ce contexte, les Européens devront discuter à la fois des concessions territoriales potentielles de l’Ukraine – que Zelensky refuse jusqu’à présent mais qui sont inévitables pour Trump – et des moyens de dissuader la Russie de reprendre sa guerre d’annexion si un accord de cessez-le-feu était conclu. Ils plaident pour que l’Ukraine puisse s’armer et rejoindre l’Otan, une ligne rouge pour Vladimir Poutine et Donald Trump.

Envoi d’une « force de réassurance » ?

Désireuse de trouver un terrain d’entente avec le président américain, une délégation européenne XXL est attendue à Washington, composée de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, du secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, ainsi que des chefs d’Etat français et finlandais et des Premiers ministres britannique, allemand et italienne.

Dimanche, Emmanuel Macron a également évoqué la possibilité d’envoyer une « force de réassurance de quelques milliers de soldats » en Ukraine. Une option qui divise en Europe, compte tenu des risques induits pour les soldats européens, même s’ils seraient, le cas échéant, tenus en retrait des « lignes de contact ». Une présence militaire pour sécuriser les airs et les mers pourrait également être envisagée, mais les Européens ont déjà fait savoir qu’ils souhaitent un « filet de sécurité » garanti par Washington.

Le président français a dit, lors de la réunion de la coalition des volontaires dimanche, vouloir savoir « jusqu’à quel point » les Américains sont prêts à contribuer aux garanties de sécurité qui seraient offertes à l’Ukraine dans un accord de paix. Il a par ailleurs demandé que les Européens soient présents aux prochains sommets sur l’avenir de l’Ukraine, après en avoir été exclus samedi en Alaska. Donald Trump s’était alors entretenu en tête à tête avec Vladimir Poutine, sans juger utile d’inviter ni le président ukrainien, ni ses alliés européens.

Sécurité de l’Ukraine, mais aussi de l’Europe

De son côté, Keir Starmer a quant à lui tenu à réaffirmer le soutien « inébranlable » du Royaume-Uni à l’Ukraine, tandis que son homologue français a rappelé la nécessité de montrer à Vladimir Poutine que l’Europe interprète ses actions comme une menace pour les autres nations. « Si nous faisons preuve de faiblesse envers la Russie aujourd’hui, nous préparons les conflits de demain, qui auront des répercussions sur les Ukrainiens et, ne vous y trompez pas, sur nous aussi », a déclaré Emmanuel Macron.

Ces discussions interviennent un mois après la conclusion d’un accord entre Donald Trump et les Européens, qui permet notamment aux pays de l’Otan d’acheter des armes aux États-Unis pour les fournir à l’Ukraine. Après avoir accepté des surtaxes douanières américaines, en partie dans l’optique d’obtenir le soutien des Etats-Unis sur la question ukrainienne, les Européens et le Royaume-Uni pourront bientôt évaluer à quel point ils peuvent compter sur Washington.

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